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Gainsbourg : vie médiatique

Nous vivons une époque où l’art n’est plus considéré comme tel à travers les créations, l’imagination, la fougue artistique, mais bien, à travers une image, un style. L’artiste est marketing malgré lui. L’art ne se comprend plus, il se vend. L’art ne se comprend plus, il se montre pour paraître.. Ainsi, parce qu’il faut pointer du doigt la personne qui, pour moi, incarne les abysses de tout ce courant de pensée, je vais me permettre de parler du sergent plagier en chef, Gainsbourg. Lui le presque tout mais l’ indéniablement rien. Le fabuleux néant. Ce soit-disant génie sans frontière qui disait :

 

 

« J’aime la grande musique. Moi je fais de la petite musique. De la musiquette. Un art mineur. Donc, j’emprunte. »

 

 

*Frisson*

 

 

 

Pour cela, Gainsbourg était intelligent. Il savait que sa musique était mineure alors il s’emportait, s’agaçait, se mettait en rogne, se saoulait la gueule, provoquait, tel un politique, pour ne plus qu’on parle de ce qu’il ne sait pas faire, à savoir un art majeur : la musique. Comme l’écrivait si bien Nabe dans son article parut en 1989 dans l’Idiot International : l’homme le plus moche de France ne comprenait pas pourquoi Chopin est Chopin. Il a travaillé dur, dur sous les coups de son père afin d’essayer d’avoir un millième du génie du pianiste polonais, mais n’a eu qu’un doigt de pied du polak.

 

Alors, Gainsbourg va faire parler son sens du commerce, du marketing. Pas de talent, pas de soucis. Lucien va aller chercher, emprunter dans ce qui lui a toujours plu pour se faire de la maille: le classique. Alors, ce prétendu artiste va reprendre ce qu’il nomme « la grande musique » pour en faire de la pop. Le génie de Gainsbourg a été de transformer des pianos concertos de Chopin, des symphonies de Brahms etc.. en « musiquette ». Transformer le grand en médiocre. Avaler du génie pour recracher de la merde.

 

 

En effet, Ginzburg n’a de cesse de piocher à droite et à gauche, que ce soit dans les musiques ou dans les textes des uns et des autres afin d’arriver à se faire connaitre, afin de ne plus être la risée de la musique comme à ses tout-débuts.

 

 

 

 

«Le provo au cœur d’artichaut d’or » va donc sortir une tonalité mineure tirée d’un répertoire majeur pour séduire la bourgeoisie inculte (coucou le pléonasme) avec des titres tel que : Lemon Incest directement repris des Etudes numéro 3opéra 10 de Chopin; Jane B chantée par Birkin tiré du prélude pour piano numéro 4 en mi mineur toujours du pianiste polonais. Bien sûr que Gainsbourg avait un assez grand répertoire classique, donc il pouvait reprendre d’autres choses comme le quatrième mouvement de la sonate pour piano n°1 de Beethoven qui lui a permis d’écrire Poupée de cire/Poupée de son. Un succès à l’Eurovision donc bien mérité. Sauf que là, le plagiat va plus loin. En effet, nous allons pouvoir constater qu’au-delà du génie du plagiat musical, celui-ci arrivait à l’exercer aussi dans la poésie. Si Gainsbourg était triste, c’était uniquement parce qu’il ne pouvait pas créer par lui même :

 

 

« Tous mes textes ne sont que colures. A bien y réfléchir, je n’ai pas d’idées ».

 

 

*Frissons 2*

 

 

Ainsi Gainsbourg n’a pas d’idées. Alors, en plus de saborder la musique classique, il va essayer de s’adonner à un rôle rimbaldien d’alchimiste du verbe, mais hélas encore une fois pour lui, il va tout saccager… Gainsbourg va massacrer la symphonie du Nouveau Monde de Dvorak et le poème du Corbeau d’Edgar Allen Poe traduit par Baudelaire dans la chanson pour Brigitte Bardot qui porte, d’ailleurs, ses initiales :

 

« Une fois, sur le minuit lugubre, pendant que je méditais, faible et fatigué, sur maint précieux et curieux volume d’une doctrine oubliée, pendant que je donnais de la tête, presque assoupi, soudain il se fit un tapotement, comme de quelqu’un frappant doucement, frappant à la porte de ma chambre. » –  Le Corbeau, Edgar Allan Poe, Histoire grotesques et sérieuses, trad. Charles Baudelaire, Michel Levy frères, 1871.

 

« Une nuit que j’étais

A me morfondre

Dans quelque pub anglais

Du coeur de Londres

Parcourant l’Amour Mons-

Tre de Pauwels

Me vint une vision

Dans l’eau de Seltz« 

 

 

ou bien la chanson de Prévert écrite par l’auteur cité dans le titre et encore « Je suis venu te dire que je m’en vais » tiré du poème de Verlaine Chanson d’Automne :

 

 

(Gainsbourg) Je voudrais tant que tu te souviennes, Des jours heureux quand nous étions amis, Dans ce temps là, la vie était plus belle, Et le soleil plus brûlant qu’aujourd’hui. Les feuilles mortes se ramassent à la pelle, Tu vois je n’ai pas oublié. Les feuilles mortes se ramassent à la pelle, Les souvenirs et les regrets aussi, Oh, je voudrais tant que tu te souviennes Cette chanson était la tienne C’était ta préférée, je crois Qu’elle est de Prévert et Kosma Car chaque fois, les feuilles mortes Te rappellent à mon souvenir Jour après jour les amours mortes N’en finissent pas de mourir

 

(Verlaine) Tout suffocant Et blême, quand Sonne l’heure, Je me souviens Des jours anciens Et je pleure Et je m’en vais Au vent mauvais Qui m’emporte Deçà, delà, Pareil à la Feuille morte.

 

(Gainsbourg) Tu suffoques, tu blêmis à présent qu’a sonné l’heure Des Adieux à jamais Oui je suis au regret.  D’te dire que je m’en vais Oui je t’aimais, oui mais. Je suis venu te dire que je m’en vais Tes sanglots longs n’y pourront rien changer

 

 

Tout ce que tu as

  C’est tout ce que je hais

  Bien trop sûr de toi

  Tu sais que tu es

  Beau oui comme Bowie

 

 

Ainsi Gainsbourg sait pertinemment que son talent ne passera pas par lui à cause de sa laideur mais bien grâce à ses interprètes. Il jubile du succès indirect. « Celui qui fait boire du petit laid au public », selon les dires du Canard Enchainé, a pris sa revanche : il couche avec les plus belles nanas de France, il a de la thune, on parle de lui, il passe de plus en plus dans les médias car il sait se faire remarquer. Gainsbourg est une pute du marketing. Le billet de 500? No soucy, il en a gagné deux cents fois plus en se faisant passer pour l’icône punk de toute une génération. Gainsbourg était un si bon fantaisiste que même aujourd’hui les gens se trompent sur lui. Il est resté une icône, une sorte de dieu de la musique française, un maestro dont on parle plus que Ferré, Trenet, Barbara etc..

 

 

 

 

 

 

 

Cependant, le côté paradoxal de Gainsbourg, c’est qu’il mettait des coups à Bambou et aux autres, Gainsbourg insultait de pute Catherine Ringer parce qu’elle avait tourné dans un film porno, Gainsbourg disait « I want to fuck you » à Whitney Houston sans que cela ne pose de problèmes à l’époque. Les gens se marraient, tout comme aujourd’hui. Les gens se marrent, pardonnent parce que c’est le seul et l’unique Serge Gainsbourg mais vont s’acharner sur d’autres car ils n’incarnent pas cette image d’un faux artiste détaché. Gainsbourg était misogyne. Gainsbourg pissait sur la gueule des femmes mais il est vu comme une idole parce qu’il a fait croire à une pseudo révolte alors qu’il n’y avait pas plus conformiste que lui. Gainsbourg est une icône parce qu’il représente à merveille ce qu’est notre monde actuel :

 

le paraitre pour la hype

+ l’individualisme quitte à plagier

+ un faux air de révolte

+ côté faussement détaché

= succès garanti.

 

Texte : Yohann Dufour.


Musique . Pensées

Gainsbourg : vie médiatique

Par mauvais

Nov 2019


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