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A F R O F U N K

 

 

Un portail spatio-temporel s’est ouvert rue Keller, juste ente les numéros 27 et 29.
Dans le 11ème arrondissement, entre la Galerie des Photographes et la Galerie Art Z spécialisée dans l’art africain, le continuum espace-temps s’est déchiré. De loin, on pourrait croire à une simple exposition de photographes africains, mais détrompez-vous, il s’agit d’une brèche musicale et transgressive qui vous transplante dans l’Afrique des années funk, avec de la photographie, de la musique et de la danse. Dans un climat bouillonnant de bienveillance, c’est un voyage au cœur du funk qui vous y est proposé.
Dépêchez-vous d’y aller, d’après les oracles ce passage ne restera ouvert que jusqu’au 26 mai.

 

 

 

 

 

AFROFUNK

 

 

À l’origine, « funky » est un terme péjoratif signifiant « puant ». Il s’agissait d’une insulte des WASPs (White Anglo Saxon Protestants) à l’égard des esclaves noirs qui peinaient dans les champs. Dans les années 1960, les artistes et les activistes reprennent ce terme. On le retrouve en Afrique lors des luttes d’indépendances et aux États-Unis dans les mouvements de défense des droits civiques des Afro-Américains. Le funk devient progressivement un étendard synonyme de revendications et de luttes sociales.
Les artistes de cette exposition, originaires de Côte-d’Ivoire, du Mali, du Congo et du Kenya, répondent à cette urgence de se faire entendre. Avec leurs photographies, ils dressent un nouveau portrait de l’Afrique. Ils se réapproprient leur image, loin des visions misérabilistes ou exotiques des médias blancs. À l’instar des paroles de la chanson, « I’m black and I’m proud » de James Brown, ces artistes parlent haut et fort, à la première personne et avec beaucoup de talent.

 

 

MALICK SIDIBÉ

 

 

À Bamako dans les années 1960, le regard joueur du photographe Malick Sidibé nous fait découvrir une jeunesse super yéyé, en pantalon pattes d’eph’ et coupe afro à la Betty Davis. Ils sont beaux, ils s’aiment, c’est les années post-indépendance; on twist dans les dancings, on transpire la liberté.Les sweet 60’s ont bel et bien été l’avènement d’un mouvement mondial de la jeunesse, de rébellion et de libération sexuelle. Malick Sidibé était là, et aujourd’hui il est notre guide dans les rues de Bamako.
Sur son passage, on chuchote qu’il est le photographe africain le plus important de sa génération. (Il est tout de même le premier photographe africain à recevoir le prix Hassselblad en 2003 puis le Lion d’or en 2007). La Fondation Cartier pour l’Art Contemporain l’approuve aussi, puisqu’elle exposait son travail en 2017.

 

 

 

KING MASSASSY

 

 

 

Notre second guide est King Massassy, nouveau visage de la photographie malienne. Bien qu’originaire de Côte-d’Ivoire, il vit maintenant à Bamako. Cet autodidacte inclassable s’exprime à la fois par le théâtre, le cinéma, à travers ses larges photographies et par les textes de ses chansons. Poète et militant, il parle avec un humour provocateur des tabous de son pays, et on l’écoute. En reprenant des refrains célèbres, il aborde des sujets forts tels que l’excision et l’égalité homme-femme.La légende dit que si on approche l’oreille de ses photographies, on y entend de la musique. Après deux, trois verres de punch, moi, je vous conseille d’essayer.

 

 

EVANS MBUGUA



 

 

Evans Mbugua est notre troisième guide. Il est peintre, plasticien et designer. Originaire de Nairobi, il vit aujourd’hui à Paris et nous entraîne dans un univers 3D en plaques de Plexiglas pointillistes et ultra-pigmentées. C’est pop, c’est hors du temps et c’est vraiment fascinant.
Sa recette commence par une image photographiée, dans la rue, dans son salon… Ensuite il la retouche, il la transforme, elle devient translucide. On traverse le cadre.

 

 

 

 

FRANKLIN MBUNGU

 

La dimension de Francklin Mbungu est tout aussi colorée. Cet artiste autodidacte construit des mondes avec des outils d’écoliers. Il raconte son quotidien à coups de colle et de ciseaux, créant de larges collages en petits papiers multicolores. Ici un couple funky, là-bas un musicien de rue. Sans s’en rendre compte, on a déjà commencé à danser.

 

 

 

Dans ce monde parallèle, tous les jeudis à 20h, c’est soirée funk. Sortez vos afros ! On se donne rendez-vous les 2 et 9 mai pour des DJ sets super funky et le 16 mai pour le concert de Sam Tshabalala.

 

De plus, tous les jours, le moyen métrage Dolce Vita Africana sur Malick Sidibé est projeté. Le 18 et 22 mai, elle sera accompagnée d’une présentation et d’un débat sur le film. Dimanche 12 mai, Afrofunk organise un shooting photo à la manière de Malick Sibidé. La photo la plus originale sera tirée et offerte. Vous ne pourrez pas dire qu’on ne vous a pas prévenus !

 

 



Art . Musique

A F R O F U N K

Par Lucie Baudin

Mai 2019


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