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Le voyage du pénis de l’Empereur

MAIS QUI A VOLÉ A VOLÉ A VOLÉ A VOLÉ LE PÉNIS DE L’EMPEREUR ?

 

Comment me suis je retrouvée sur ce sujet, je me le demande encore… Mais voilà, cette boîte de velours bleu et son contenu – à savoir, un membre momifié – ont su attiser la curiosité des historiens ou des plus freaks d’entre nous. Si vous n’avez pas la flemme de traverser les océans ni de changer de continent, je vous embarque pour un voyage long de presque 100 ans, pour suivre la traversé du membre manquant de Napoléon Bonaparte.

 

De la même façon que les portugais pensaient que leur bon roi Sébastien n’était pas mort à la bataille mais s’était caché pour revenir les sauver, de nombreuses polémiques vont naître à la mort de Napoléon. Est-il décédé des suites d’un empoisonnement à l’arsenic ? Est-ce bien lui, enterré aux Invalides ? Souffrait-il d’hémorroïdes lors de la bataille de Waterloo ? Cette dernière hypothèse confirmée, revenons-en à notre boîte.

 

C’est au beau milieu de l’Atlantique, entre les côtes de Namibie et à plus d’une brasse de l’Amérique latine, que Napoléon finit sa vie. En plus d’être banni sur une île plutôt rasoire où le sexe et les ballades ne suffisent plus à le distraire, ses douleurs intestinales et sa dysurie viennent noircir le tableau. Le 5 mai 1821, Napoléon Bonaparte s’éteint dans la douleur après avoir reçu les derniers sacrements. L’autopsie réalisée le lendemain démontrerait qu’il est mort d’un cancer de l’estomac et contredirait la thèse de l’empoisonnement à l’arsenic. Pas moins de 17 personnes se penchent sur le cadavre encore frais du monarque déchu. Parmi eux, deux corses : son médecin Francesco Antonmarchi et l’Abbé Ange Paul Vignali, ainsi que 13 autres officiers et deux valets de chambre. Antonmarchi, son médecin sur l’île depuis 18 mois, tâche de respecter ses dernières volontés : l’analyse de son estomac et l’envoi de son cœur à sa femme, Marie-Louise d’Autriche. Une délicate attention qui restera sans accusé de réception.

 

 

 

La mort de Napoléon inspira beaucoup d’artistes romantiques. Ici, tableau du baron Charles Steuben.

 

C’est par Louis-Etienne Saint-Denis, dit « le mamelouk Ali », fidèle serviteur de Napoléon, que l’anecdote naît. Fils de piqueur d’écuries et d’une seconde de cuisine, il est choisi pour devenir second valet de chambre dès 1811, puis garde impérial (un « mamelouk », justement). Dès lors, il suivra son employeur partout : sur les chemins de Russie, à Dresde, Leipzig, Mayence et Francfort. Ce valet fidèle le suivra en exil à l’île d’Elbe, dans sa reconquête des Cent Jours, et sera encore à ses côtés tandis qu’il rumine sa défaite à Sainte-Hélène, puis jusqu’à la salle d’autopsie… C’est dans ses mémoires (Souvenirs, 1826) qu’il raconte la scène, celle où Antonmarchi découpe des « petits bouts de côtes » du cadavre de son maître, avant de les distribuer à l’Abbé Vignali et au majordome.

 

 

Ce n’est pas le seul cadeau que reçût l’Abbé Vignali pour ses bons et loyaux services, mais c’est pourtant le seul qui restera dans l’histoire. Celui qui a administré les derniers sacrements quelques temps plus tôt, rejoint la Corse, en possession du fameux « tendon ». Bisinchi, son village natal près de Corte en direction de Bastia au nord de la Corse, deviendra celui  de sa mort, victime  d’une vendetta (bonjour les stéréotypes). A la mort de l’abbé, c’est sa sœur Roxane Vignali Gianettini qui héritera du précieux objet…. avant de l’offrir à son fils unique Charles. C’est ainsi que finit cette succession corse dont la trace se perd pendant quelques générations dans le maquis corse, à l’abri des regards et dans le plus grand secret. (2)

 

 

 

Explication remise lors de l’achat du lot napoléonien à Dr Rosenbach.

 

Et boom, 1916. Le lot de souvenir Bonaparte est vendu aux enchères et adopté par l’éditeur anglais Maggs & Co. Huit ans plus tard, c’est le Dr. Rosenbach qui rachète le tout pour la modique somme de 2000$. Fourchettes, culottes à cheval, timbales et… la boite en velours bleu contenant le bout de côté impériale, qui prend de la valeur par l’appelation de tendon. Voici la liste des acheteurs successif du petit bijou, histoire de s’y retrouver :

 

1916 : La boîte est achetée aux enchères par Maggs & Co, un éditeur anglais.

1924 : Le Dr Rosenbach rachète le lot.

1940 : Donald Hyde l’achète, refile la boîte en héritage à sa femme, qui la revend elle-même à John Flemming.

1960 : Bruce Gimelson rachète le lot pour 35000$.

1969: dernière vente aux enchères pour le petit tendon. À en juger par le rapport d’expertise de Drouot, le muscle pourtant fort d’exercice, ne mesure plus que deux à trois centimètres à force de s’aérer… 35000$ pour la bite de l’empereur, voilà un prix, le dernier, celui de l’américain John Lattimer.

 

 

 

 

Qui est John K. Lattimer, acquéreur du pénis corse? (3) Après de brillantes études à Columbia, John fait carrière dans les zizis et les vagins, et devient un urologue très renommé. Célèbre pour avoir étudié médicalement la mort de Kennedy, il en écrit un livre. Chargé plus tard des prisonniers nazis lors du procès de Nuremberg (il échoue à sauvegarder Hermann Göring qui se suicide quelques minutes avant son exécution officielle), cette épreuve lui permet d’en tirer un nouveau livre : Hitler’s fatal sickness and other secrets of the nazi leaders. Parmi sa collection d’objets militaires rares, le pénis de l’ex Empereur est à l’étroit, mêlé aux dessous de leaders nazis, d’armures médiévales et de dessins d’Adolf Hitler pré-pubère.

Le bienveillant docteur Lattimer aurait souhaité que le bout retourne à son propriétaire, quatre pieds sous terre aux Invalides. Les autorités françaises témoignent à cet égard d’une flemme de déterrer le Saint-Patron, et on les comprend… Qui sait ce qui pourrait en ressortir.

 

 

Côte ou pénis : le mystère persiste. Les reliques ont toujours fait parties des mœurs chrétiennes, aux yeux des foules autant que pour les plus puissants. Les princes qui se faisaient sacrer dans les règles utilisaient les réliques comme présence symbolique,  légitimant ainsi leur pouvoir divin auprès de leurs sujets. Pourtant, la St-Ampoule, une des reliques majeures fut brisée par l’élan révolutionnaire de 1792. Le vieux monde n’aurait-il pas du suivre cette voie? Dans quelle démarche Francesco Antonmarchi a-t-il mutilé et donné ce bout d’Empereur? Relique, souvenir malsain ou profit? L’avenir ne nous l’apprendra plus, alors à vous de voir.

 

 

 

Si cet article a mis en appétit votre esprit tordu, vous pouvez aussi consulter le top 10 des plus belles extractions de célébrités, comme le cerveau de Mussolini ou le gros orteil de Saint François Xavier : ici !

 

Si vous avez envie de vérifier que je raconte pas trop de conneries vous pouvez aussi vous amusez à lire ça :

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Vie à la ferme

Le voyage du pénis de l’Empereur

Par Adèle Colonna Cesari

Mar 2018


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