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Message: L'année derniere on a davantage mis l'ordi en avant, cette machine deplaissante remplie de boutons. Prends ton portable, on veut sortir, avec toi, avec nous, du coup on a décidé que pour une certaine periode nous experimenterons la mise en ligne uniquement sur smart mobile.
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Norvège

1.342,07 km en avion : 500 km en train : 450 euros de budget
10 jours : 100km à pied : 15 kg sur le dos
3 baignades : 3 nuits à Oslo : 3 refuges
2 pellicules argentiques : 2 nuits en camping sauvage
1 nuit dans le train : 1 engueulade : 1 paire de chaussures foutue

 

Nous arrivons le lendemain de la fête nationale en Norvège et la petite ville d’Oslo se réveille d’une folle nuit colorée. Des cinq vaillants voyageurs, je suis la seule nana mais aussi… la seule expérimentée en randonnée. Il est de mon devoir de tempérer les envies Into the Wild de certains… Comme l’a vu la conseillère du magasin DNT (service d’état qui donne accès au réseau de refuge de montagne), jugeant sévèrement nos dégaines de citadins, une orientation vers un parcours de santé s’impose. Et pourtant. Direction la côte de Bergen et ses sentiers balisés avec, en ligne de mire, le trek pour Voss et ses montagnes désertiques.

 

 

 

 

La fenêtre du train ressemble à une carte postale en mouvement. À mi-chemin, un second bus traverse le plus haut plateau de la région. Les maisons colorées peinent à pointer le bout de leur nez sous les monticules de neige. Quelques heures plus tard, nous arrivons enfin avec la lumière du soleil ascendant. Il est si tard que la ville semble déjà endormie et nous sommes obligés de planter notre tente à la va-vite sur les rives du fjord qui enveloppe Voss de sa présence rassurante.

 

 

 

Premier réveil à Voss, vers 6 heures.

 

Les nuits sont courtes et le soleil est déjà bien haut. On ne le sait pas encore, mais cette journée va être très longue et la lumière du soir salvatrice. De 0 à plus de 1000 en altitude, notre matinée se résume à grimper. Des patchs blancs commencent à apparaître un peu partout et rapidement la neige est impossible à éviter. Je regarde les garçons et leurs chaussures de randonneurs du dimanche, en me demandant si c’était une bonne idée… Vers midi on est sur le plus haut versant qui surplombe la vallée de Voss.

 

 

 

 

 

 

Le pic dépassé, toute trace de civilisation disparaît. Nous sommes sur un plateau entièrement recouvert de neige. Nos pas feutrés se noient dans le silence de la nature. Nous progressons au ralenti, perdus dans une immensité déconcertante. Nous ne le savions pas mais la journée va s’avérer harassante car nous allons marcher plus de 30 km, jusqu’à 23h30 non-stop. Ça ne parait pas beaucoup mais en montagne, avec 15kg sur le dos, c’est énorme. Toutes nos barres énergétiques y passent, nous devenons soucieux, silencieux comme les pierres. Lorsqu’on aperçoit enfin un lac et niché dans son creux notre refuge, on hurle comme des damnés. Dans le refuge, un norvégien qui pensait être seul nous voit arriver, mouillés, blanc comme neige, transpirants, éreintés, mais heureux. Autour du poêle ce soir-là, une bouteille de vin se partage  et en quelques minutes notre journée est déjà dernière nous.

 

 

 

 

 

 

Première douche face aux montagnes. Nos corps endoloris réclament un peu de repos, que nous ne leurs accorderons pas. Nous reprenons la marche l’après-midi. Encore une fois, nous évaluons mal le trajet car la neige ralentit considérablement notre rythme. Lorsque nous arrivons au refuge de Kiellanbu, le soleil commence encore une fois à se coucher. La vue est absolument indescriptible. La petite cabane de bois est à la pointe d’un fjord abrupt. Au loin, les eaux qui fondent s’élancent des falaises. Saut de l’ange majestueux, au bruit comme un frou-frou de coton. Dans la douce lumière orangée du soir, nous dégustons la sensation d’être chanceux et de toucher là un infime moment de bonheur.

 

 

 

 

 

 

De Kiellanbu à Vendings

 

Réveil difficile. Les rationnements en nourriture se font un peu trop ressentir. Tout le monde est grincheux ce matin. Heureusement une fois en route, la tension se dissout. Nous sommes en train de redescendre sur l’autre versant montagneux, la neige se fait moins présente. Il faut dire qu’avec les vingt-cinq degrés que nous avons tous les jours, la fonte s’effectue à grande vitesse. Proche du refuge suivant et après huit bonnes heures de marche, on profite d’une pause pour se jeter dans un lac qui sort à peine du dégel. Electrochocs et cris en cacophonie.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

De Vending à Trekkene Lake

 

 

 

Nous quittons les montagnes pour de bon pour nous engager dans un chemin sinueux au creux de la vallée. Nos chaussures tiennent encore, par je ne sais quel miracle. Nous avons dû doubler nos chaussettes de sacs plastiques, pour essayer de garder nos pied au sec pendant ces trois jours de trek en montagnes. L’arrivée sur un sol sec est  un réel bonheur. On fête une journée multi-baignades dans les rivières qui nous permet enfin de ralentir le rythme.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

The road to Dale

 

Le bitume, la chaleur, les ampoules, tout cela, et puis les sacs qui sont vraiment trop lourds. Le voyage à pied touche à sa fin et c’est sans doute aussi bien ainsi. Après une journée de marche, nous arrivons à Dale, ville aux allures de dortoir soviétique. Construite sur une station hydraulique, l’endroit est à moitié déserté, de larges immeubles type HLM tombent en ruine. Tout est pavé, bétonné, tagué. Après nos massifs grandioses, l’arrivée à Dale est une énorme gifle. On décide de sauter dans le premier train qui pourra nous ramener à Oslo. L’envie d’un vrai lit, d’une vraie douche nous taraude.

Le train nous dépose à cinq heures du matin à la Sentralstasjon. Nous ne visiterons rien de la ville les jours suivants, trop occupés à fuir la vague de chaleur qui se répand sur Olso. Trente degrés ! Les habitants n’en reviennent pas, certains s’en inquiètent même. Les mots « réchauffement climatique » sont sur toutes les lèvres.

 

 

 

 

 

 

Le dernier soir, on partage pêle-mêle la carte, le carnet de croquis, les poèmes
qu’on a essayé d’écrire, les photos sur nos portables. En rentrant à Paris, je me
précipite pour aller rechercher le développement de mes négatifs. Le voyage
continue encore lorsque j’ouvre la pochette.

 

 

 

 

 

 

 

Nina 

 

 

 

 

 

 

 

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