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Interview & Playlist : Cactus & Mammuth, l’insolite tandem d’agitateurs

Image en Une : © Nam Photographie

Trois sujets au choix, une playlist, un peu d’actualité : un format court et direct pour une interview intimiste et décalée. Ici c’est Cactus & Mammuth qui nous dévoilent la partie obscure de leur cerveau en répondant à nos questions sur le thème ANIMAL.

Depuis près d’une demie décennie déjà, Hector et Zach, alias Cactus & Mammuth, développent une approche musicale aussi excentrique que délurée, dominée par les productions électroniques accompagnées de guitare électrique et de textes clownesques chantés en français, toujours emplis d’un second degré malicieux. Invités à se produire dans les festivals, ayant écumé les salles parisiennes mais aussi les villes de France pour des concerts sauvages et spontanés dans les rues, leurs représentations sont à chaque fois des spectacles uniques, durant lesquelles les spectateurs font partie intégrante de la performance du duo. À l’occasion de la sortie de leur dernier clip « Miaou Miaou Ouaf Ouaf Ouaf », extrait de Le premier albüm, nous en avons profité pour leur poser quelques questions afin de nous introduire au sein de leur univers carnavalesque.

MauvaisMagazine : “Bonjour Cactus & Mammuth, pour commencer, pourriez-vous brièvement raconter l’histoire de votre projet pour celles et ceux qui ne vous connaitraient pas ?

Cactus et Mammuth : “Nous sommes venus de la planète CacMuth pour répandre joie et bonheur et faire face à l’état d’urgence du LOL”.

Capture d’écran du clip de “Miaou Miaou Ouaf Ouaf Ouaf”. Réalisation Nathan Got

MM : Voilà un programme des plus atypiques. Pensez-vous que l’être humain gagnerait à retrouver, dans certaines situations, un comportement plus animal ?

Mammuth : Il y gagnerait, venez nous voir en live et vous allez redevenir des animaux !

Cactus : J’ai vu une interview de Corine Sombrun qui m’a fait marrer. C’est une chercheure chamane qui a fait des cris de loups quand elle a entendu des tambours en Mongolie. Elle n’avait pas compris d’où lui venait cette transe soudaine, du coup, elle s’est formée pendant 3 ans avec ces chamans sinon il allait lui arriver des malheurs. Elle en a sorti un bouquin sur la joie [La diagonale de la joie – Voyage au coeur de la transe, Albin Michel, 2021].

MM : Vous êtes plutôt félins ou plutôt canins ?

Cactus : Miaou

Mammuth : Ouaaf !

MM : Quels sont vos plus gros points communs avec les animaux ?

Cactus : La bestialité.

Mammuth : La communication non verbale et émotionnelle.

MM : Si vous étiez un animal, dans quel écosystème préféreriez-vous évoluer ? Pourquoi ?

Mammuth : Un écosystème marin, j’aime l’immensité de l’eau et son calme abyssal. J’aimerais grave être une tortue de mer.

Cactus : La jungle, faut s’y battre pour survivre. À ce qu’il paraît, il y a plus de collaboration entre les animaux qu’on ne le pense, si ça se trouve c’est tranquille la jungle.

© Fabio Caldironi

MM : Les artistes ont-ils un rôle à jouer afin d’ouvrir la réflexion sur le bien-être animal ?

Mammuth : Clairement, on est la voix que les animaux n’ont pas. Si les baleines pouvaient crier, la chasse aux cétacés aurait cessé après le premier essai. C’est triste mais c’est vrai.

Cactus : Les artistes peuvent avoir une certaine visibilité et un certain auditoire qui peut permettre de sensibiliser. C’est mieux si les artistes sont pour le bien-être animal plutôt que l’inverse, mais j’ai quand même l’impression que les citoyens et les associations avancent dans le bon sens. Il faut rester optimiste…

MM : Avez-vous déjà tenté de performer devant un public animal, par exemple dans un champ avec des vaches ou du bétail, dans un chenil, un élevage, ou autres ?

Mammuth : Oui, à chaque concert, les humains ne sont que des animaux avec des produits de beauté capillaires en plus, c’est tout.

Cactus : Quand on fait un concert et qu’on est dans les champs il y a plein de fourmis. J’ai appris récemment que les moustiques fuyaient les basses.

Mammuth : Vive les subz !

Cactus : Si tu veux du répit écoute du son fort.

© Yann chemineau

MM : Y a-t-il un animal que vous préféreriez voir disparaître ?

Mammuth : Non, j’aime tous les animaux. Même la fourmi balle de fusil elle est gentille dans le fond.

Cactus : Le moustique. Avec des conditions sanitaires plus décentes dans certains pays il y en aurait moins, c’est l’animal le plus tueur au monde car il est porteur de maladies, mais pour ça il faudrait une meilleure répartition des richesses.

MM : Y a-t-il un animal disparu auquel vous aimeriez redonner vie ? 

Mammuth : Le triceratops. Vous vous attendiez tous à ce que je dise le Mammouth mais il n’est pas disparu tant que je suis là. J’aime trop les dinos.

Cactus : Le poulet est un dinosaure. Donc tous les dinosaures n’ont pas disparu.

MM : Il semble que techniquement on peut redonner vie au Mammouth grâce au clonage. Quelle est votre opinion sur le clonage animal ?

Mammuth : Je n’ai pas trop d’avis là-dessus, on peut cloner les avis des gens ?

Cactus : C’est complexe…. Pas besoin de cloner mon acolyte, un seul suffit !

MM : Si Cactus et Mammuth étaient un même animal, à quoi ressemblerait-il ? Pouvez-vous me le dessiner ?

Cactus et Mammuth : Il s’appellerait le Cacmuth

Dessin réalisé par Mammuth
Dessin réalisé par Cactus

MM : Vos prestations sont toujours des spectacles où la performance est indissociable du concert. Pouvez-vous préciser votre démarche artistique ?

Cactus : On a une trame principale qui est agrémentée de beauuuucoup d’improvisation. Le but c’est de faire rigoler et bouger les gens.

Mammuth : Nos concerts, c’est un peu la kermesse du village qui rencontre Tomorrowland.

Cactus : Et Franck Zappa.

Mammuth : Et Richard Gotainer.

MM : Vos thèmes d’écriture semblent toujours loufoques mais ont portant toujours un fond réfléchi. Comment se déroule votre processus de composition ?

Cactus : On tend à improviser le maximum et à composer le plus rapidement possible.

Mammuth : Parce que moins on mentalise, meilleur c’est, à notre humble avis.

Cactus : On rentre dans une sorte de transe et quand on est dans cet état-là, y a une forme de sagesse et de pureté, dans le beau et/ou la saleté.

Mammuth : Et puis ça nous laisse du temps pour jouer à Star Realms.

Cactus : Par exemple, « Plus de caramel dans les Flanby » ce n’est pas anodin que ce soit une manifestation illustrée dans le clip, ça représente l’actualité mais on y glisse de la candeur et du fun.

Mammuth : Un peu comme « Je suis Vacciné, j’ai la 5G ».

Cactus : Parce que c’est important de rigoler sur des sujets importants, à toi de le prendre comme tu veux !

MM : Vous traversez la France pour performer en marge des festivals de musique et autres événements culturels, mais aussi dans les rues de la capitale avec vos Zinzinpros. C’est quoi le plan marketing de votre duo ?

Cactus : On profite de l’effervescence et de l’attractivité du festival pour rencontrer un maximum de gens, festivaliers, gens de passage et parfois aussi des pros.

Mammuth : Et puis, on y fait de très belles rencontres 😍

Cactus : On y a de meilleurs résultats que sur les réseaux sociaux car la visibilité y a un réel coût et en plus c’est chiant tu ne parles pas à des humanoïdes.

Mammuth : Et puis, ça fait des souvenirs qu’on va raconter à nos petits enfants au coin du feu ionisé.

Cactus : De cinquième génération cybernétique.

Maintenant que « Miaou Miaou Ouaf Ouaf Ouaf » vogue désormais en libre accès sur la toile, cette dernière réalisation vidéo issue de leur premier album « vient clore cet incroyable chapitre », confie Mammuth. Pour la suite, le déluré duo promet un nouvel EP 7 titres baptisé le P, attendu pour le 24 septembre, accompagné par un nouveau clip. Et le tandem de conclure : « On a aussi un deuxième album de prêt mais ça aussi c’est un secret. »


Musique

Interview & Playlist : Cactus & Mammuth, l’insolite tandem d’agitateurs

Par Mikel-Angélo

Août 2021


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