Qui sommes-nous ?
Instagram
Facebook
Mail nous

Comment Future Faces te donne envie de mourir proprement

Image : cover de l’album Euphoria

 

Un complexe sidérurgique (modulé) en guise de pércu, une voix off sentencieuse et mélodique, une cellule matelassée , des riffs loquaces comme des balles traçantes et des espacements qui nimbent le tout d’un onirisme coupé à l’azote liquide. C’est ce qu’on retiendrait  d’Euphoria, le dernier tête-à-queue des genevois Future Faces. Estampillé Throatruiner Records, il se place dans la droite lignée des précurseurs du genre, mais pas que …

 

 

 

Formé par Alexandre Muller (HEX, Equus, Sunfast), Edouardo Garcia (Equus) et Matthieu Baumann (Elizabeth, Capital Youth), le trio genevois signe une deuxième sortie révélant des ramifications bien établies avec les australiens Buzz Kull ou les spleenétiques Molchat Doma (les deux étant des habitués du label Roosevelt Records dont le batteur du groupe n’est autre que le fondateur) ainsi qu’une influence incontestable des Mancuniens. Et pour aller plus loin dans le name-dropping, on pourrait aussi citer Sad Lovers And Giant dans un format écrémé-hachuré,  Depeche Mode ou Wolfsheim pour les synthés si ce n’est Frontline Assembly côté beats.

 

 

Future Faces groupe cold wave genevois

                                      Portrait du groupe Future Faces

Côté thermomètre,  Euphoria sonne comme un date ambiancé dans une salle d’autopsie avant le premier service. Épuré sans être aseptisé, cinglant sans verser dans le sanglant, l’équilibre qu’il dévoile se démarque des sillons balisés de la darkwave pour se révéler doux, pudique mais aussi tendu que le fil d’une arbalète. Un univers austère et romancé avec ces sonorités qui marquent ce moment précis où l’on passe de la jubilation peace & love des psycheux aux premiers bracos des années de plomb. Les pieds bien ancrés dans les canons du post-punk, les multiples points de fuites que le trio oppose à l’immédiateté du flow débouchent sur un panorama planté entre sentiment de désillusion, naïveté tuméfiée et noirceur fluo. Une singularité qui fait rejaillir la Suisse bien haut dans le glacis de la cold wave.

 

 

Au total, deux ans de recherches, de composition et de monomanie ont été nécessaires pour décocher cet album dont le rendu claque net comme un crochet gauche.  Seul regret toutefois (parce qu’il en faut) , la présence de quelques relents pop qui restent cependant localisés. La sortie est agencée le 17 février.

 

 

 

. . . . . .
Musique

Comment Future Faces te donne envie de mourir proprement

Par Mabrouk Hosni Ibn Aleya

Fév 2021


À voir aussi
Vu sur

NEWSLETTER COOL

NOS EVENTS ET NOS ARTICLES ICI