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Heureuse résistance festivalière face au COVID

Bienvenue dans ce monde où la musique s’est retrouvée muselée pendant 3 mois, où la fête de la musique ressemblait à un jour férié chéri de tous et où les festivals peinent à renaître malgré un été “culturel”. L’exception a été faite de deux festivals qui ont su négocier et se réinventer pour se tenir dans des conditions bien spécifiques évidemment. C’est le cas de la “Teuf collaborative de septembre” et du Rock In The Barn de Vexin-Sur-Epte. Mauvais RDV masqué sur place.

 

 


La "teuf collaborative" de septembre : un rendez-vous intimiste d'une
 alliance de collectifs en présence dans la région de Toulouse.




Photo crédit : Thomas Feugas

 

Samedi 5 septembre,

 

Alors que sur la place du Capitole, l’installation du « Toulouse à table » prenait forme LIBREMENT afin de rendre grâce au patrimoine culinaire du Sud Ouest; malgré la Covid, nous allions prendre le bus direction le Cancéropole.  En effet, une vingtaine de personnes des différentes asso’ les plus sexy de la ville rose ont décidé de se rassembler, et ont donc eu, la fabuleuse idée qu’il fallait se changer les idées; qu’il fallait danser, faire la fête : vivre. (Poke Bedos.)

 

Une soirée, donc, inédite sur deux jours. Une soirée inédite que seul 300 chanceux toulousains attendaient impatiemment. Une soirée inédite brûlant les corps et dilatant les yeux comme on n’a guère connu depuis tant de temps. Au programme : diffusion d’une sélection de films directement inspirés du lieu, performance d’Elvire accompagnée d’Esther dans l’ombre, drum & bass mais aussi séance de yoga pour les plus téméraires à 11h le lendemain… dans un spot jamais souillé auparavant.

 

 

 

Photo 1 et 2  crédit : Thomas Feugas

 

Arrivés après des transports dans cette ZI paumée en plein milieu de nulle part, nous vîmes une dizaine de personnes qui sirotaient des bières, discutaient sous un soleil de plomb, retiraient les tentes de leurs voitures, les regards s’interrogeant afin de savoir où pouvait bien être ce fameux endroit. Après avoir attendu on reçu les indications… pour arriver dans ce repère ô combien inspirant.  Perdus dans une voute céleste verte où seul le bruit de la nature se faisait entendre et celui de la musique commençait tendrement à raisonner.

 

Nous montâmes la tente dans l’emplacement destiné au camping. Tant bien que mal et stupéfaction. Une demeure blanche, sans toit, couverte de lierres. Elle était là, en plein milieu de rien; se faisant bouffer par la nature afin de mieux dégueuler sa beauté. L’intérieur était somptueusement décoré tout en respectant le lieu. Le mur était rempli de dessins psychédéliques, des palettes pour s’asseoir etc.. En prime, car rien n’était trop parfait pour ce spot, il y avait un autre petit emplacement avec vidéo projecteur où allait donc être diffusé tous les films dont voici le nom de quelques uns diffusés tel que Metropolis de Fritz Lag, El Topo de Jodorowsky, Un Chien Andalou de Brunel ou encore La Planète Sauvage de Laloux.

 

 

Au cours de la soirée, les artistes se succédèrent tout en gardant l’objectif de continuer de faire voyager ce public si souriant, si défoncé, si ivre de joie dans cette soucoupe toulousaine verte afin de nous faire atterrir loin de toute cette actualité morbide.

 

 

Photo crédit : Jeanne Lucas

 


 

ROCK IN THE BARN

 

JOUR 1

 

Les 11 et 12 septembre, les amateurs de la diversité rock et de gathering musicaux se sont réunis dans le Vexin-sur-Epte, impatients de participer à l’un des seuls festivals maintenus en cette période si particulière : la 11ème édition de Rock In The Barn. Ce grand rassemblement situé à la ferme de Bionval à mi-distance entre Paris et Rouen sur l’A13, accueillait comme chaque année une sélection éclectique de groupes et d’artistes émergents, gravissant les cimes de la scène des musiques actuelles. C’est un week-end qui s’annonçait sous les meilleurs auspices. Une météo estivale pour un festival en tenu légère, indispensable pour profiter d’une ambiance bucolique au beau milieu de la campagne. Champs à perte de vue, air non-vicié, produits locaux et jovialité non feinte accompagnaient le plaisir doublé du désir de retrouver des musiciens eux-mêmes presque incrédules de pouvoir enfin se retrouver sur une vraie scène pour y performer devant des centaines de spectateurs, debout mais masqués pour s’assurer que l’histoire ne finisse pas en cluster.

 

 

 

 

D’ailleurs, pour garantir le confort et la sécurité sanitaire des festivaliers, l’organisation avait prévu tout un circuit afin d’éviter aux masses de se croiser, ainsi que du gel hydroalcoolique en quantité et disposé aux quatre coins de cet espace idyllique. C’est donc l’esprit serein et les masques dans les bagages (en cas d’oubli ou à la recherche de souvenirs, il y avait toujours ceux brodés aux lettres du festival disponibles au stand de merch), que je me suis rendu en milieu rural avec un sentiment de derniers jours de vacances.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Photo crédit 1,2 et 3 : Michael Saitakis

 

Petit coup dur à l’annonce de quelques annulations inopinées comme les très regrettés Hotel Lux en raison d’une quarantaine imposée au retour back home et Les Big Byrd dont l’un des membres était souffrant (remplacés respectivement par Structure et Johnny Mafia), mais tous deux étaient prévus le samedi et je passerai le flambeau pour la seconde soirée.

 

Dans son ensemble, la programmation musicale réussit à réunir des groupes provenant d’une large partie de nos terroirs comme Slift (Toulouse), Komodor (Bretagne), MNNQS (Rouen), Bryan’s Magic Tears (Paris), mais aussi quelques talents étrangers qui ont décidé malgré les restrictions sanitaires de traverser nos frontières pour venir jouer devant un public français libéré d’assister enfin, à de vrais concerts, bien loin du quotidien morose de nos habitats urbains. Parmi eux, citons The Mauskovic Dance Band et Yin Yin (Pays-Bas), My Expansive Awareness (Espagne) ou Warmduscher (Grande-Bretagne). À l’ouverture, surprise de voir le post-punk acéré d’Unschooling dès 19h à même le gazon, suivi par le groove débridé des joyeux Polycool sur la scène teintée par le soleil couchant, puis par les MNNQNS survoltés qui ont conquis à l’aide de leur jeu de scène travaillé et de leur prestation digne de l’âge d’or du CBGB, l’assemblée des festivaliers. Comme précisé ci-dessus, certains artistes ont voyagé pour nous retrouver, mais il y avait également ceux qui nous ont retrouvé pour nous faire voyager, par l’esprit, au moyen de leurs compositions. Le rock transcendant comme une cérémonie zār, des multiculturels Al-Qasar, le psychédélisme sidéral du trio Slift, mais aussi Yin Yin qui en plus de s’être déplacés physiquement jusque-là, nous emmenèrent, participants, dans une escapade aux sonorités du sud-est asiatique. Ces prestations ont brouillé toutes frontières spatio-temporelles dans des sets explosifs à la nuit tombée.

 

 

Le dernier groupe à avoir enivré son public qui l’était pourtant déjà au moyen de picoles locales, c’était le Mauskovic Dance Band, qui ont soufflé les auditeurs avant que certains poursuivent devant le DJ set des Éveillés, alors que d’autres partaient se lover dans les bras de Morphée pour une nuit glaciale dans un camping bondé bien qu’aéré en distanciation. C’est avec des souvenirs et des chansons plein la tête que j’ai pris le petit déjeuner préparé par nos hôtes sous un soleil caniculaire qui annonçait la débâcle d’un après-midi où les corps grillaient amorphes sur la verte pelouse.

 

JOUR 2

 

Arrivés presque frais en équipe de deuxième mi temps, nous posons le pied à la Ferme de Bionval à 16H30 avec un chrono tenu, tendu et minuté pour découvrir Unschooling, leit-motiv d’achat de place pour certains d’entre nous. Pas de quoi être déçu : le premier show est une parfaite mise en bouche avec l’énergie et le soleil en joue. C’est sonnés mais heureux qu’on redécouvre la vie, la vraie, ce monde festivalier si habituel usuellement et on fait acte de foi aux réglementations masques-âmes, pour notre bien et ceux du festival. Pour montrer l’exemple.

Mauvais mais reglo.

 

 

Photo crédit: Adèle Colonna Cesari

 

Après Peniche (annoncé Unschooling sur les réseaux), le temps de s’imprégner des règles d’usages, des avis de la veille, de saluer les amis, copains de musique et de festival, de réfléchir à planter une tente, on skipe l’air de rien Gaetan le trop Nonchalent (apparement en formation beaucoup plus rock que d’habitude mais encore définitivement trop pop benêt pour nous, de près comme de loin) et comptant se rattraper sur Bryan’s Magic Tears. Pas déçus, la performance de ces derniers n’est pas surfaite, même si l’attitude n’est pas renversante, la bande est presque snob mais la musique par leurs effets et leurs mélodies sont à la hauteur d’un rock détaché, supérieur. Entre deux chansons, une promesse : « la prochaine elle est bien ». Le second degré qu’il faut pour les premières grosses têtes de la journée. Merci.

 

 

 

Photo crédit: Adèle Colonna Cesari

 

 

Pendant la transition musicale, la petite cabane à l’entrée du festival chante : « Où sont passées les gazelles ? ». Le soleil tombe. Les gazelles vont mettre un pull et remplir leur bière.

 

 

Jonny Mafia remplaçait donc les Big Byrds, des bonnes surprises puisque j’affectionne plus les remplaçants que les programmés. Déjà interviewés et vus pour la 2ème fois, ils ont prouvé qu’ils étaient ceux à appeler pour casser la grange baraque un samedi soir à 21h30. Surprise du côté du public qui ne les connaissaient pas encore, vérification pour les autres que Sens était toujours la capitale du Monde.

 

 

Photo crédit: Adèle Colonna Cesari

 

Si jusqu’alors je vaguais de scènes en scènes, heureuse mais pas retournée, j’ai bien cru que mon cœur allait se décrocher au début du set de Warmduscher tant les premiers morceaux étaient intéressants. Effet distordu et peu habituel, on tend l’oreille et kiffe. Malgré des sons disco, funkadelik, sur-tendus, ambiançants et déroutants, on sent que le professionnalisme musicale estompe quand même l’énergie des musiciens. Est-on plus exigent quand on n’a pas vu de gros concert et de festival depuis 6 mois ? Peut-être. Le son était juste tellement à la hauteur que je voulais voir la scène prendre feu. Moi, un problème ? Nan….Notre Mauvais coup de cœur à retenir de ce samedi pandémiquement musical, c’est bien les londoniens de Warmduschers qu’on n’avait pas vu venir.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Photo crédit: Adèle Colonna Cesari

 

 

Pour les artistes qui n’ont pas marqué, on se souvient tout de même de la jolie prestation This is The Kit qui  te foutent le smile derrière ton masque entre deux cidres. Structure qui malgré une belle fougue ne me laisse pas de quoi vous réécrire ou encore Qual, qui tenait bien la route à la grande scène à la nuit tombée avec un set dark pas inintéressant. Concernant Mahama Saz, qui malgré mon appétence pour le Saz et les musiques de cet acabit, il n’a pas réussi à me faire lever de la pelouse.

 

PAR CONTRE, Komodor était très attendu, du côté du public. Déjà vu pour ma part, ivre morte dans une salle de la capitale bien undeground, j’avais le souvenir vivace d’une attitude et d’un look heavy glam rock qui donnait le ton. Le groupe est si percutant que pour des personnes (complotistes) du public ce soir, ils seraient un groupe de reprises venu brouiller les pistes. Ne serait-ce pas justement leur quintessence, leur justesse qui fait tant douter et tchatcher l’audience ? Le guitariste monte d’ailleurs sur les grilles, impossible de ne pas repenser aux concerts des New York Dolls de 2012, où le même jeu de scène avait été exécuté. A côté de moi, au premier rang, un homme se met à genoux dans un mouvement d’amour divin du son.

 

 

Photo crédit: Adèle Colonna Cesari

 

Mort de froid car mal préparé, on laisse le set de NicoBabar de côté, non enjaillé par les “La Da Dee La Da” de Crystal Water et pas assez téméraire pour attendre que la moutarde prenne. Le public du fest, lui, est refait. On retourne se pieuter heureux et rincés.

 

Seul coup dur, reproche adressé à RITB, c’est d’apprendre le dimanche matin lors du pêle-mêle des départs en pleine brume matinale alors qu’on pensait bander sur Unschooling, que c’était en fait Peniche le groupe d’ouverture du samedi. La modification n’avait pas été annoncée sur la line-up de l’évènement Facebook, ni au travers de l’Instagram. Pas de quoi en faire un fromage, la vraie fête c’était de pouvoir être là, de pouvoir se rappeler pour tout le reste de notre vie qu’on a été là, sur la pelouse ou non, à écouter du rock au milieu d’une pandémie mondiale.

 

 

 

Photo crédit: Adèle Colonna Cesari

 

 

 

Teuf collaborative : Yohann Dufour.

Rock in The Barn :  J1 Mickel-Angelo, J2 Adèle Colonna Cesari. 

 

 

Photo : 1.  Thomas Feugas  2. Jeanne Lucas  3. Michael Saitakis 4. Adèle Colonna Cesari.

Photo de couverture : Adèle Colonna Cesari, Warmduscher Rock In The Barn

 

 


Musique

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Par mauvais

Oct 2020


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