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Comment Eddy De Pretto a gâché ma grasse mat’

Eddy De Pretto, c’est quoi ?

 

Écrire sur la musique n’est jamais chose facile pour moi. Pleine de discernement mais également de contradictions, je juge souvent trop rapidement ou catégorise les artistes dans des cases ; comme Eddy, qui se retrouve au top de ma liste des « si-ça-marche-c’est-sur-que-j’aime-pas ». Malgré ma maladie chronique d’intolérance aux mainstreams, c’est armée de bonne volonté que j’espère me tromper, pour faire, qui sait, une belle découverte. Allons-y gaiement.

 

Pose génante.

CURE, nouvel album d’Eddy De Pretto.

 

 

1) Premier pas : lister les titres de l’album. Concernant CURE, rien que cette première étape m’a donné des boutons, toute une opération. Impossible pourtant de commencer ma journée après-midi sur un échec. Pas si loin du but, non.

2) Reste à écouter l’album. Mais attention : en entier. Là encore, la tâche n’a pas été facile. J’ai du repasser « Début » trois fois avant de comprendre qu’il s’agissait d’une introduction et non pas d’une pub envahissante. Ça promet.

 

 

 

 

 

 

L’histoire de ce disque serait, si on s’en tient à une hypothèse, l’histoire d’un jeune gay se découvrant, ou plutôt se « recouvrant » pour cacher ce qu’il est. Trop tard pour l’implicite. À défaut d’une histoire complexe sur la difficulté de se connaître et de s’assumer aux yeux des autres, on a plus envie de faire d’Eddy de Pretto une miskina qui trouve sa place nul part. Cette quête de soi semble quelque peu résolue dans « Ego », lorsque sa nouvelle image, son personnage, lui colle à la peau jusqu’à lui convenir. Loin de moi l’idée de trasher l’histoire d’un noble combat, mais si son phrasé répétitif ne lui donnait pas un air hébété déjà proéminent, il aurait été plus facile de l’écouter. Entre les répépépétitions qui sont répépépétés et des sons aussi tententendus qu’une chêchêchêchèvre, dur de rester sérieux. Le comique de répétition a toujours été mon préféré, pourtant.

 

 

 

Pourtant ce n’est pas la faute des instrumentales, ni des beats : ils ne sont pas dégueu, je préfère le notifier. Mais question variété française, on n’y retrouve que trop bien des phrasés mélodiques qui nous transportent en plein Bashung ou Dick Annagard… un peu trop peut-être, justement. Les histoires incompréhensibles d’Eddy se mélangent et se compressent jusqu’à ce qu’il ne reste plus qu’une bouillie de bonnes intentions. La tambouille finale ressemble à une soupe émo Indochine période bad-trip, en moins poétique. Enfin, chacun ses goûts, comme on dit pour être sympa?

 

Pour faire la part des choses, disons que son tube « Mamère » possède quand même quelque jolies lignes. Ce thème pourtant usé ne saurait périr : on se rappelle que l’éducation définit l’individu.

 

Mais où est Papapapa? On espère que c’est pas le vilain de la chanson Jimmymymymy (quatrième song) mais ça me semble tiré par les cheveux. Peut être pour le 3ème album. Ou Papapapapas…

 

Tandis que j’espérais trouver un petit quelque chose de sympa à dire de notre champion, les 9ème et 10ème morceaux ont fini de m’achever quand Eddy se met en tête de chercher Honey dans le noir. Drôle d’idée. Filles comme mecs, on sent la difficulté à pécho qui pèse lourd sur la frustration sexuelle. Honnête, mais vachement chiant à écouter.

 

« Fête de Trop » c’est la chanson de trop, celle qui aurait pu griller ma street cred auprès de mes nouveaux voisins qui passent par là. Du coup, j’étouffe le son comme une enfant dans sa couette. Les relations de voisinage, ça compte.

 

 

Verdict : le disque ressemble plus à une session de psychanalyse qu’à une découverte musicale. Et je mérite au moins 45 euros pour la séance.

Clairement revendiquée, la folie qui le gagne titre après titre m’inquiète. C’est déjà pas mal de se l’avouer, mais il reste encore à se faire diagnostiquer. Son histoire de masque, métaphore d’une personne qu’il se prétend être, ne rassure pas non plus. Sans compter le culte de la personnalité qui l’accable dans « Ego » : le constat est féroce.  Bref, CURE m’a désespéré. Les histoires tristes et déprimantes sont honnêtes et supposées touchantes mais ne suffissent pas à en faire un personnage attachant ou poétique.

 

 

Sur ce, je vais me faire cuire des pâtes. Sur du Chantal Goya, ça me changera.

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Musique

Comment Eddy De Pretto a gâché ma grasse mat’

Par Adèle Colonna Cesari

Mar 2018


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