Sean Paul’s Paname // SO MI GO SO DEM

Par , le 25 avril 2017.

Pour ce premier report, j’ai la chance de causer d’un mec qui peut se vanter d’avoir vécu de belles années de succès. En évoluant dans un univers musical dont on a peu ou moins l’habitude d’entendre parler dans nos sphères de gens relous et intolérants. C’est vrai qu’au moindre dollar sign ou bootyshake (sauf si c’est de la trap de Baltimore ou de la drill de Chicago parce que là c’est cool tu vois, c’est un ‘’univers’’), les gens se mettent a hurler. Sean Paul a su tout au long de sa carrière, maintenir un cap solide. Cela l’a amené à passer par l’electro, la love song faussement love mainstream (ex: ‘’She Doesn’t Mind’’ hum) ou encore des titres plus axés piste de dance du Tourcoing Belotte Club comme ‘’So Fine’’.  Tout ça en ne s’écartant jamais de ses racines ragga-dancehall du faya.

L’histoire commence dans un rad tamisé de la Rue Jean-Baptiste Pigalle, le bien connu Pigalle Country Club, enseigne de prestige des nuits légendaires des petites rue du quartier que l’on appelle désormais et à mon grand regret ‘’South Pigalle’’.
Ce soir là, mes compagnons Louis X. Legris, grand patron du label Third Coming Records, Roger De Lille, Pape du Cool et moi-même nous trouvions dans un état d’ivresse avancé. Au fond d’un fauteuil, à moitié mort et glandant sur mon téléphone, je vis annoncée sur les internets la Grande Messe du Ragga (la GMR) prévue le 20 avril 2017 au Bataclan. Je ne me doutais pas encore que ce serait mon premier (de Bataclan) et fit part de la nouvelle à mes copains. Ferveur et fougue immédiate dans le bar vide, réaction immédiate de Louis qui scroll déjà sur les sites de revente, rire et incompréhension du pape. Deux minutes plus tard, les 3 billets sont achetés. Nous buvons notre 11ème shot pour fêter la nouvelle puis je rentrai chez moi, ivre mais heureux.

 

 

 

Youpi

 

 

Près d’un mois et demi a passé depuis la décision honorable qui a été prise. Ce soir, c’est le soir.
Nous décidons, mes amis et moi, de nous retrouver sous une autre enseigne, celle du bar l’Angora, tout près de la salle du Bataclan, sur le boulevard Richard-Lenoir. 3 pintes et 1 shot plus tard, il est 20h30. Le concert doit commencer à 21h tapantes; nous nous mettons en route.
Arrivés devant la salle, plus grand monde. On se faufile à l’intérieur et on constate que putain, c’est blindax. Ca sent fort la weed, il fait chaud. Je regarde un peu autour de moi et constate que le public est finalement celui auquel on s’attendait. Partout autour de nous, des trentenaires, souvent en couple, parfois seuls, d’autres carrément avec leurs mômes (si si). Des clans de filles aux nez collés à leurs smartphones qui n’arrêteront JAMAIS de filmer le concert en live, quelques mecs qui ont l’air d’avoir été invités par la prod sans vraiment avoir pu citer un seul titre de S. Paul quand ils faisaient tchin-tchin dans les backstages et finalement des flics en civil PAR-TOUT.

 

La joie.

 

Le début du concert est imminent mais j’ai besoin de pisser alors j’y vais.. Je sors des WC et là j’entends… ‘’Get Busy’’. Le mec commence avec ‘’Get Busy’’. Là je me dis qu’il est vraiment trop fort et on avance vers le premier rang sur le côté droit de la salle. On se trouve un bon spot et là je bouge plus pendant au moins une heure. Les tubes s’enchaînent : ‘’Temperature’’, ‘’Like Glue’’ (mon préféré ever), ‘’Baby Boy’’… Des morceaux plus récents aussi comme ‘’No Lie’’ ou ‘’Tek Weh Yuh’’ Au bout d’une heure, je décide d’aller en griller une dehors car la chaleur me fait mal à la tête et j’apprends la nouvelle de l’attaque des Champs-Elysées…

 

 

Grosse teuf

 

Retour à l’intérieur pour les 30 dernières minutes du concert (eh ouais, 1h30 de live), encore des hits: ‘’Gimme The Light’’, ‘’We Be Burning’’ ou ‘’Got 2 Luv U’’. Gros set donc pour un Sean Paul vraiment en forme, proche de son public et assez rigolo dans la mesure ou le mec ne sait faire QUE des blagues/commentaires/phrases sur le cul mais qu’il a même pas l’air de se prendre au sérieux lui-même, on se contentera d’un ‘’ça passe’’ pour pas dire que c’est un beauf. Chose très cool en plus, S.P. chante et rap tous ses textes et n’est accompagné que d’un seul backer (ceux qui appuient les MC’s sur des intonations, mots, cris et autres pour ceux qui ne savent pas) en plus de son DJ dont je n’ai pas réussi a connaître le nom,  mais qui a fait se balancer la salle de droite à gauche toute la soirée. La qualité et la quantité étaient toutes deux au rendez-vous et à 44 ans, le Sean porte toujours et avec beaucoup de fierté, les couleurs de sa Jamaïque natale : j’ai vu jaune et vert pendant 2 heures après le concert.

 

 

Baby boooyyy…

 

Votre dévoué Cosco

Sean Paul’s Paname // SO MI GO SO DEM Par , le 25 avril 2017, dans Sonotone.
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