Paris II

Par , le 3 avril 2017.

Notre premier article sur Paris est sortit il y a maintenant 3 mois. Et nous avons l’honneur d’avoir trois nouveaux textes de nos amis, où chacun, décrit son expérience avec Paris. Ces trois rigolos sont français, mais n’ont pas grandit le macadam de Paname. Tu veux voir leurs avis?

 

 

Agathe, 21 ans, Rennes – vient a Paris au fil de ses humeurs schizophrènes.

 

 

 

Paris est une ville froide, une ville bleue. Elle m’inspire une certaine sévérité dans la frivolité. J’’y est passé le plus clair de mon temps triste et dénudée. Les barrières sentimentales y sont étrangement volatiles. Apres, à chacun ses avis, mais capitale lumière en déliquésence, elle m’inspire davantage un naturalisme assez austère. Paris est un terrain de jeu comme un autre, après tout. La destination idéale pour une fuite facile. C’est une porte de sortie rapide à l’est. J’y viens souvent pour cuver ma bêtise ou mon ennui. Alors, je me distrais avec ce qu’elle nous offre à consommer. Parfois de jolies choses figées, parfois des artifices prévisibles et des frous frous ridicules et des sonorités exaltantes. J’aime à me fondre dans une foule éttouffée, compacte à en oublier jusqu’à mon nom… et j’y fais religieusmeent la même chose que partout ailleurs ; j’exerce mon appétit inconditionnel pour la déglingue, sans limite et sans regret. Il m’est difficile de rire à Paris. Surement, ce ton toujours grave, gris qu’ont les pavés. Mais, une fois quittée, je ris toujours d’y être retournée.

 

Dufour, 23 ans, jamais vécu à paris. je m’y suis juste rendu, quelques fois, en tant que spectateur

Le vaisseau Paris

Paris était une fête dans les années 20. La ville Lumière était le foyer des artistes du monde entier, qu’ils soient peintres, écrivains, poètes, musiciens, photographes.. tous rêvaient d’une destination : Paris. L’atmosphère qui régnait dans les rues empestait le vin rouge, la marijuana. Les putains elles, étaient les muses de ces bohémiens rêvant de la volupté, de découvrir le paradis artificiel de Baudelaire. Paname incarnait une idylle accessible à tous. Mieux que ça, elle était la ville du péché. Elle voyait sur ses pavés des êtres dépravés à la recherche d’une non-gloire, la recherche d’un songe éveillé.

 

À la recherche d’une beauté perdue

 

Mais Paris à l’inverse du vin, tu as mal vieilli. Paris, tu es plutôt comme du lait qui a mal tourné depuis que je l’ai sorti de mon frigo de sympathie. Acide que t’en peux plus, ta population t’a usé, sali ton corps, donné des cicatrices, empêché de dormir depuis la nuit des temps, or la, tu n’arrives plus à te relever. Tu as perdu la lumière qui a tant ébloui le monde. La crasse est trop lourde, trop épaisse, malodorante, fétide pour que tu résistes, alors tu te laisses aller. Le marais est devenue une vitrine de The Kooples, le café de flore un lieu ayant perdu son âme un lieu ayant perdu son âme pour de la planche à billets, pour une compromission bourgeoise, pour de l’obscène et tartuffier m’as-tu-vu, pour de l’ostentation hypra vulgos, pour une suffisance claironnante de chic cheap; Montmartre, une place à cons, pute à touristes Paname, les artistes ne retrouvent plus en toi les frissons que tu as pu leur donner autrefois. Du coup, ils ont fuit vers d’autres horizons et te laissent crever la, toute seule. Ils te laissent avec cette misère que tu es obligé de supporter à présent, ce désespoir de voir ton beau corps pourrir à cause d une foule qui saccage tout sur son passage.

 

 

Paul Lemaire 25 ans . En relation libre avec Paris

© Charlie Melchiori

 

 

Je ne comprenais pas ce que je faisais devant ce PMU au soixante-quatre boulevard de Belleville. C’était Léo qui nous avait donné rendez-vous là. De l’extérieur ça ne donnait pas envie, des bâches en plastique tombaient du store jusqu’au bitume pour délimiter la terrasse qui pouvait accueillir une trentaine de personne, et l’intérieur était beaucoup trop éclairé, et le comptoir était assaillit de soulards de tous âges qui s’attaquaient au vin blanc premier prix ou à la pression bon marché, en prenant de grosses poignées de cacahuètes dans une grosse jar ou tout le monde fourrait ses pattes. Et la partie restaurant montrait clairement que l’endroit avait été une crêperie bretonne un temps, avec sur les murs de fausses pierres blanches-beiges apparentes, coupées tout les deux mètres par des poutres en bois massif d’une vingtaine de centimètres d’épaisseur, et de grandes tables en bois foncé de mauvaise qualité que les clients partageaient. J’aperçu Anna à l’intérieur, sur la gauche, prêt d’un tourne broche assez grand pour y faire rôtir un mouton, nous sommes donc rentré avec Agatha. Léo revenait des toilettes quand je le vis une bière de cinquante centilitres à la main, nous nous fîmes la bise, et sortîmes sur la terrasse pour nous en griller une. « Vous avez finis par trouver ! Me dit Léo. – Ouais, mais c’est quoi ce PMU ? T’as pété une durite ? – Mec, c’est deux euros cinquante la pinte ! – Pas négligeable, effectivement ! Dis-je. T’as du feu ? – Oui, tiens ! Tu vas voir la bière est pas dégueu et on va se faire des pizzas, elles sont super bonnes et pas chères ! – Ca marche ! » Ai-je dit en ouvrant la porte du bar assez pour ne pas y faire entrer la fumer de ma cigarette mais pouvoir dire à Agatha de nous commander deux bières. Nos cigarettes terminées, nous sommes rentrés nous asseoir avec Agatha, Anna, et trois copains de Léo dont je ne me rappelle plus les noms, les bières étaient arrivés. Hélène est arrivée au moment ou je finissais mon demi litre, et tout le monde se leva pour lui faire une bise et lui demander « ça va ? » ce à quoi elle répondait à chaque fois « super et toi ? ». Elle commanda un jus d’abricot, et nous nous remîmes tous à discuter de tout et de rien. Après trois gorgées de ma seconde pinte jetournais la tête vers Léo qui me regardait en souriant avec une feuille de papier sale entre les mains. « On regarde la carte ? dit-il. – Haha, je savais bien que t’avais quelque chose en tête ! Répondis-je en lui rendant son sourire. » Après une étude sérieuse et approfondie du menu nous décidâmes de commander quatre pizza que nous allions partager. Il ne fallut que quelques minutes pour que celles-ci arrivent sur notre table dans les mains d’une serveuse trop maquillée avec un piercing surmonté d’un faux diamant au dessus de la lèvre supérieure gauche, et malgré l’évident manque de bon gout dont elle était affublée, son visage restait plutôt agréable à regarder. Nos bières nous avaient donné faim et nous engloutîmes les pizzas en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire avant de commander une troisième tournée de bière pas cher. Je sorti sur la terrasse avec Agatha pour fumer la traditionnelle cigarette d’après le repas, en dégustant nos bières à petites gorgées. L’alcool commençait à me faire de l’effet et je devais me lever tôt le lendemain, j’ai donc dis à Agatha que je pensais qu’il était l’heure de rentrer, ce sur quoi nous fûmes d’accord. Nous écrasâmes nos cigarettes dans le cendrier sur la table devant nous, je terminais ma bière d’une traite, et nous entrâmes dans le bar, restaurant, PMU, une dernière fois pour dire au revoir à tout le monde. Léo et Anna nous suivîmes mais partirent dans la direction opposée après nous avoir fait la bise devant le bouiboui parisien. Nous marchâmes les cinq minutes à pieds jusqu’à la station de métro en nous tenant la main dans la fraicheur de l’hiver qui venait de commencer mais nous semblait déjà trop long. La soirée avait été très agréable malgré la première impression plus que négative. Voilà ce que je peux dire de Paris. La première impression n’est pas toujours la bonne. Tu peux te retrouver dans le pire des rades et passer une excellente soirée, tout comme tu peux être dans l’un des bars ou boites de nuit ou restaurants des plus à la mode et passer une mauvaise nuit. Paris était une fête comme l’a dit E. Hemingway et l’est toujours et le restera à jamais. Paris n’est pas une ville saine mais Paris est une ville pleine de bonnes intentions, il suffit de ne pas se laisser avoir.